lundi 18 janvier 2010

Les mots d'Erik Orsenna

Confortablement blotti dans mon sac à main, il attend. Il me connait depuis longtemps, il me sait. Il sait que parfois, je prétexte un rendez vous, un travail urgent pour échapper au déjeuner entre collègues et dévorer quelques pages durant ma pause de midi, il sait que même s’il fait froid je le sortirai pour lire dans la rue, il sait qu’il me fera oublier les bouchons, couper le téléphone,. Je suis une souris de bibliothèque et ça ne lui a pas échappé. Si moi je suis constante, lui n’est jamais tout à fait le même, la taille, la couverture, le type, tout change, et puis, il vit avec moi, ça le transforme, comme la grosse goutte tombée sur la page 52 ce matin, la couverture qui s’abime quand il est gros et traverse le pays, m’accompagne partout où je suis. Ce matin, il se nomme : La révolte des accents d’Erik Orsenna. Erik Orsenna, c’est un peu mon Charles Perrault à moi, je vois la couverture et déjà, je m’imagine, lisant une nouvelle histoire à mes enfants. Je crois que je leur raconterai aussi cette histoire entre Erik Orsenna et moi… Tout commença par une jolie amitié entre deux souris de bibliothèque. Cécilia et moi, nous étions rencontré sur les bancs du lycée, nous avions décidé d’étudier le théâtre et partagions la même passion pour les mots. Très vite, un autre amour, celui des chiffres, a dévié mon destin mais Cécilia, elle, a continué sa route pavée de romans et a entrepris des études pour vivre avec les livres. Je ne lisais certainement pas autant qu’elle, je suis plutôt papillon aimant voler d’un plaisir à un autre, mais je lui demandais souvent conseil et lui empruntais ses derniers trésors, elle m’a fait découvrir énormément d’auteurs, d’univers, de styles. Un jour où nous étions parties pour une journée à Paris, elle m’a fait découvrir cette petite librairie ancienne où elle avait travaillé, des livres du sol au plafond, un de ces lieux qu’on ne voit qu’au cinéma, un de ces lieux où l’on s’attend à trouver un grimoire enchanté. J’ai promené les doigts sur les dos de couverture et surement acheté quelque livres , ce dont je me souviens c’est qu’arrivée prés de la caisse, j’avais trouvé un tout petit livre nommé : La grammaire est une chanson douce. « Une chanson douce » est une de mes chansons préférées, une berceuse que je me chante toute seule quand je suis angoissée et que je ne trouve pas le sommeil. J’ai montré le livre à Cécilia et lui ai demandé « tu le connais ? », elle m’a dit de le prendre, que j’allais adorer. Elle avait tellement raison. C’est ainsi que tout a débuté, avec une amie bienveillante, une librairie magique et une berceuse. Cette chanson douce berce la narration, elle est omniprésente, tout comme les mots qui sous la plume d’Erik Orsenna ont leur personnalité, leur propre vie et leur problèmes. Avec Erik Orsenna, on ne fait pas que lire, on voyage, on écoute de la musique et admire les illustrations qui se cachent entre les mots et surtout on goutte au plaisir de la joie de vivre qui rayonne dans chaque phrase, on se réconcilie avec la grammaire, la conjugaison, les accents et la ponctuation, les rébarbatives leçons de français se transforment en aventures excitantes. C’est un peu comme lire Le petit prince de Saint-Exupéry, on referme le livre, un peu plus pur, un peu plus sage et on en garde une trace. C’est court, c’est doux, ça réchauffe le cœur, c’est plein de sens, d’imagination, de pertinence. Vous pouvez choisir n’importe lequel, tous ses livres sont bons.
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